Notre fin d'année différente

S'adapter, un mot que nous avons si souvent utilisé avec nos élèves en classe. Maintenant, ce mot prend tout son sens pour nous depuis l'annonce de l'ouverture des écoles. Comme vous toutes, nous sommes passées à travers une gamme d'émotions dans les dernières semaines : la peur devant nos nombreux questionnements, la joie de revoir nos canetons, l'anxiété de devoir tout changer nos fonctionnements et nos façons de faire. Bref, des vagues d'émotions qui sont encore parfois présentes, mais que nous arrivons à calmer en discutant ensemble et en mettant le tout en perspective!


Notre classe avant d'être en mode distanciation!

Depuis le début du confinement, nous avons envoyé chaque semaine la trousse bonifiée avec les activités que nous avons créées (vous pouvez les consulter dans la section arc-en-ciel du site). Nos rencontres virtuelles hebdomadaires avec nos élèves sont réellement un petit baume sur la situation (en plus, elles nous ont permis de peaufiner nos compétences avec les technologies qui ne sont clairement pas notre force...Hi ! Hi! ).


En toute honnêteté, c'est la semaine dernière que nous avons eu notre plus gros pincement au cœur lorsque nous sommes allées à l'école pour placer la classe en mode distanciation. Eh oui, nous en avons parlé sur Instagram, mais nous avons dû fermer le mur qui nous permettait d'avoir notre belle grande classe de coenseignement. Nous comprenons tout à fait pourquoi, mais nous vivons de l'incertitude à savoir quand nous pourrons la retrouver.


Comme nous enseignons sur la Rive-Sud de Montréal, le retour en classe de notre école est prévu le 25 mai prochain (on envoie toutes nos ondes positives à ceux et celles qui recommençaient hier). Par contre, pour la première fois depuis que nous travaillons dans la même école, notre deuxième rentrée ne se fera pas ensemble.


Le retour d'Alexandra

C'est Alexandra qui écrit ces lignes et je peux vous dire que mon début de grossesse n'a pas du tout été comme je l'imaginais. Adieu les petites robes de maternité et bonjour les grands t-shirts (il vaut mieux en rire)! J'appréhendais déjà mon absence dans notre classe l'an prochain (même si je suis très heureuse de pouvoir accueillir mon futur petit garçon en septembre), mais de réaliser que je ne retournerais pas à l'école définitivement d'ici juin m'a fait un gros pincement au cœur.


Comme vous le savez, les femmes enceintes ne retourneront pas dans les classes physiquement dans les prochaines semaines. C'est pour cela que je ferai de l'enseignement à distance pour les élèves du 3e cycle qui seront à la maison. C'est rassurant pour mon petit bébé et je ne me plains pas du tout ici, c'est simplement que j'ai beaucoup de peine de ne pas pouvoir dire au revoir à mes canetons. Nous allons le faire de façon virtuelle, mais j'aurais souhaité pouvoir les revoir en vrai une dernière fois. Je l'écris et je suis émue. Ce sera donc un nouveau défi pour moi d'enseigner de la maison dans les prochaines semaines!


Le retour de Pier-Ann

C'est Pier-Ann qui vous écrit et j'avoue que l'inconnu autour du retour à l'école ne me laisse pas indifférente. Il me reste encore deux semaines avant d'y retourner, j'y vais une chose à la fois. La semaine dernière, nous étions en mode ménage et rangement dans la classe. Alexandra l'a écrit un peu plus haut, mais elle ne sera pas de retour et de mon côté, il est fort probable que je sois relocalisée avec mon groupe dans l'école secondaire de quartier. J'ai donc tout rangé en ayant en tête que ce serait peut-être deux suppléantes qui seraient dans notre local.


Cette semaine, mes grands finissants viendront chercher leurs effets scolaires. J'ai le coeur gros de savoir qu'ils ne vivront pas le bal de finissants et toutes les activités qui étaient prévues. Je pense que pour toutes les profs de 6e année du Québec, c'est la partie la plus douloureuse de cette fin d'année inhabituelle.


Pour la suite, je suis encore en mode réflexion sur les routines que je mettrai en place en classe avec mes 15 élèves. C'est un virement de pratiques à 180 degrés et je dois m'y faire même si ce n'est pas facile.




Sachez donc que vous n'êtes pas seule à douter, à vous questionner et à réfléchir à comment y arriver. Nous sommes deux ici ! Une chose est certaine, nous allons encore une fois tenter de vous partager nos créations, nous outils et nos petits trucs dans les prochaines semaines! C'est en s'entraidant (même à distance) que notre profession pourra continuer de briller malgré tout.


Pier-Ann et Alexandra



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